Le Plaisir ET la Forme

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10.10.18

Escapade Surf & Gastronomie sur les rivages landais

Il était une fois dans le "phare-ouest" gascon

Au débouché d'une route louvoyant à travers une végétation luxuriante, à  8 km à l’ouest de Saint-Julien-en-Born, un massif phare terrestre noir et blanc émergeant au-dessus de la cime des arbres monte la garde à l'entrée de la petite station balnéaire de Contis-Plage. "Bourgade fantôme" en hivers, son activité estivale se concentre sur quelques centaines de mètres de part et d'autre de l'avenue de l'Océan qui se prolonge à travers la dune par un chemin piétonnier en larges planches, pour s'ouvrir sur une plage rectiligne de sable fin s'étendant à l'infini, au nord comme au sud. Chaque fin de mois de juin Contis est sous le feux des projecteurs à l'occasion du festival international de courts métrages organisé depuis 1996 dans son atypique et haut en couleur cinéma d'art et d'essai. Bénéficiant d'un environnement sauvage baigné dans un bel éclairage, et bordée par un bras de mer bien nommé "le courant", la station offre un décor naturel prisé des metteurs en scène. En cette fin septembre elle accueillait le tournage d'une série télévisée fantastique dont l'intrigue se situe dans le milieu des surfeurs ("La dernière vague" ) et qui sera diffusée sur France 2 l'année prochaine. Côté hostellerie et restauration Contis ne manque pas non plus d'atouts. L'Hôtel de la Plage est un véritable "hymne au bois" tant par l'envergure de son architecture extérieure que sa chaleureuse décoration intérieure où il déploie tous ses charmes : chambres élégantes et confortables organisées autour d'un jardin-patio lumineux où trône un luxueux hamac sur support, cocon idéal pour la sieste du surfer harassé par son duel (au soleil) avec les vagues. Au revers de la dune deux établissements rivalisent par leur spacieuse terrasse. D’un côté la Crêperie La Royale (dont le "siège social" se trouve dans les toilettes !) est un lieu privilégié pour prendre un café matinal accompagné par les gaufres au chocolat "aériennes" servies par la sympathique Anne. Juste en face L'Oyat Café propose à l'année des produits océaniques frais (moules de bouchot petites mais charnues, gambas sauvages, belle sole meunière...) accompagnés par une courte mais judicieuse carte de vins à "prix d'ami" sélectionnés par le fervent patron  Cédric : Tursan rosé de propriété (Cabernet franc / Fer Servadou pour les "initiés"), Côtes de Beaune 1er cru 2015 (Maison Bouchard Père & Fils)... D'autres tables savoureuses appréciées aux alentours de Contis et de Moliets-plage, qui a servi de base à la 2ème partie de l'escapade (au remarquable Camping **** Le Saint Martin, véritable "paradis des moineaux"), ont rejoint la rubrique "Restaurants à la L.A.I.S.E." du blog sous les codes postaux 40xxx : Auberge du Born (St-Julien-en-Born) - "Cuisine gourmande au gré des saisons dans grande bâtisse traditionnelle"; Le Saint-Julien (St-Julien-en-Born) - "Cuisine régionale raffinée et créative dans cadre élégant et moderne"; L'Estanquet (Lit et Mixte) - "Marie garbure aux saveurs ancestrales landaises dans cadre chaleureux "; Crêperie Saint Jours (Vieux Boucau) - "Délicieuses spécialités bretonnes dans joli cadre landais"; La Tétrade côté Lac (Hossegor) –  "Cuisine mer et terroir pour quatuor harmonieux avec vins et spiritueux dans cadre panoramique". En bonus, une bonne adresse sur le chemin du retour : L'arrosoir (17420, Saint-Palais-sur-mer) - "Bistronomie terre et océan en harmonie avec crus de Charente et d'ailleurs". Des spécialités savoureuses, on en trouve aussi sur les petits marchés comme celui de Léon, proposées par de chaleureux producteurs et artisans de bouche locaux :  le "Pastis landais" (brioche dense et parfumée) et les "canelés" moelleux (petits" gâteaux bordelais" aromatisés au rhum et à la vanille) de LanDélis (Jean-Noël Labèque et sa fille Laetitia); la gamme de bières du Huchet brassées à base d'ingrédients biologiques et d'eau de source des Pyrénées... Mais aux premiers jours de l'automne, c'est surtout les touristes germaniques et (bien entendu !) "hol-landais" qui partent à la conquête des vastes étendues sablonneuses de cet attachant territoire gascon, tel un "far-west à la française" où la loi du plus fort aurait été abolie au profit d'une indéniable douceur de vivre.

18.3.18

L'épopée des Grands Jours de Bourgogne

En quête du climax des Climats

Salon itinérant bisannuel, remarquablement organisé par une équipe dédiée soutenue activement par le BIVB et ses partenaires institutionnels, les Grands Jours de Bourgogne offrent à 2500 professionnels du monde entier triés sur le volet, une opportunité incomparable de mieux appréhender in situ la richesse et la diversité exceptionnelle des terroirs bourguignons. En compagnie de l'émérite sommelier (et agent commercial !) AlainSégelle nous avons rayonné durant 5 jours, à partir d'une accueillante chambre d'hôte "gastronomique" beaunoise (la bien nommée Au Raisin de Bourgogne *), sur les 10 lieux accueillant un millier d'exposants. Ces domaines représentaient la plupart des 84 A.O.C. des cinq principales sous-régions viticoles - Chablis et Grand Auxerrois, Côte de Beaune, Mâconnais, Côte Châlonnaise, Côte de Nuits - constellées de 1247 Climats (parcelles spécifiques et "lieux dits") dont 640 classés 1er Cru et une centaine en Grands Crus (1% du volume total de la production moyenne). Les cuvées mises en avant, majoritairement en blanc et rouge plus quelques rosés et effervescents, étaient issues essentiellement de deux millésimes très contrastés : le "solaire / magnifique" 2015 béni par une météo généreuse, et le "compliqué / miraculé" 2016 particulièrement affecté par des gelées tardives et orages de grêle. Nous avons également pu goûter des échantillons du millésime 2017, tout juste mis en bouteille ou tirés sur cuve/fût spécialement pour l'occasion, qui se sont révélés de séduisants "surdoués" associant la finesse des 2014, l'opulence des 2015 et la "tension" des 2016. Malgré un rythme assidu quotidien de 9h à 17h, agrémenté d'une courte mais salutaire pause-buffet, nous avons eu le temps d'apprécier à peine plus de 1800 des quelques 10000 flacons proposés à la dégustation ! Derrière l'apparente uniformité des vins bourguignons, en quasi-totalité mono-cépage (Chardonnay ou Aligoté pour les blancs, Pinot Noir ou Gamay pour les rouges), se cachent d'étonnantes et subtiles variations gustatives liées aux multiples facteurs naturels et humains contribuant à leur élaboration, à la vigne et au chai : structure géologique et pédologique, profil topographique et orientation des parcelles; biodiversité, pratiques culturales, date des vendanges, tri des grappes, techniques de vinification, type et durée d'élevage, assemblage final et mise en bouteille, vieillissement en cave. Ici, chaque morceau de terroir forme avec son vigneron un couple unique et  indissociable dont l'harmonie relationnelle va déterminer la qualité du nectar qui s'épanouira dans nos verres après plusieurs mois ou années de gestation. En soirée, des "off" sous forme de dégustations thématiques furent l'occasion, dans une ambiance conviviale, de transcender les classements viticoles officiels dont la complexité peut désorienter les non-initiés : "Millésimes froids et chauds" animée par la Bourgogne Wine Alliance, composée de 5 "négociants en chambre" promouvant des petits producteurs de haute qualité - "Exception'elles" organisée par Femmes et Vins de Bourgogne , association regroupant une trentaine de vigneronnes soudées et "féminines mais pas féministes" - "Vins du Jura" et sa remarquable palette de vins à forte personnalité (vin jaune, vin de paille...) - "Paulée nocturne" improvisée au Domaine Bernard Millot avec une amicale de "jeunes vignerons passionnés" venus d'horizons variés - "Les Gobeloteurs", groupement hexagonal de "vignerons partageurs" guidés par la recherche de l'excellence. Tous ces hommes et femmes amoureux du terroir, qui nous ont fait découvrir le fruit de leur labeur, ont pour traits de caractère communs l'humilité, le courage et la solidarité face aux fréquents aléas du métier. La sensibilisation des nouvelles générations de viticulteurs, dans le sillage des pionniers du bio et de la biodynamie (Guillot, Giboulot, d'Heilly et Huberdeau, Derain, Trapet, Rateau...), à des approches plus respectueuses de la plante, de l'environnement et de la santé des populations locales autant que de celle des consommateurs, est prometteuse pour l'avenir. Dans le contexte d'un marché global abreuvé par des "vins génériques" sans âme et aux arômes variétaux standardisés, le vignoble de Bourgogne, héritier d'une longue tradition et fier de sa typicité reconnue par l'inscription en 2015 de ses Climats sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, a encore de beaux (et grands !) jours devant lui...
* en clin d'œil : "De chez Loiseau on s'envole aussitôt, chez Evelyne et Didier on fait son nid au-Cîteaux"

1.1.18

MEILLEURS VOEUX

A tous les fidèles lecteurs du Blog


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Rémi J. Vasseur

Vous souhaite de vivre et déguster

Le millésime 2018

En très bonne compagnie

10.10.17

Escapade Surf & Gastronomie au Cap Ferret

Perles savoureuses dans un écrin marin

Le Bassin d'Arcachon tire principalement sa  notoriété de ses parcs à huîtres et de la fameuse Dune du Pilat (la plus haute d'Europe !), colossal Sphinx muable montant la garde au sud de son entrée ("les passes" pour les navigateurs initiés), mais il dévoile bien d'autres charmes. Côté nord on trouve la chic et accueillante ville du Cap Ferret, royaume de la "petite reine" fort prisé des notables bordelais pour leur villégiature, dont les rues et allées sinueuses forment un véritable labyrinthe au centre duquel trône fort opportunément un phare majestueux culminant à 53 mètres. Harmonieusement nichées au cœur d'une dense pinède des résidences spacieuses, souvent accessibles que par des chemins de terre chaotiques, laissent entrevoir leur architecture hétéroclite parfois empreinte de créativité audacieuse, notamment sur le "Site des 40 hectares". A l'extrémité de la pointe, au-delà de l'enfilade des cabanes à huîtres faisant face au banc de sable de Mimbeau, se trouve la propriété de Benoît Bartherotte, personnalité pittoresque du paysage local qui a fait l'objet de nombreux articles et reportages (Thalassa...). Cet homme attachant perpétue à sa façon le mythe de Sisyphe (en "plus réussi" selon lui !) en érigeant depuis plus de 25 ans, à grand renfort de milliers de blocs de pierre, une digue de 500 mètres afin de préserver son patrimoine de l'inexorable travail de sape de la mer. Pour financer son œuvre pharaonique il loue pour des réceptions et mariages de prestige son "site magique" équipé d'un immense chapiteau éphémère en dur (5 jours de montage et de démontage), ainsi que ses "cabanes", luxueuses villas en bois faisant office de refuge pour V.I.P. ou de suite nuptiale. Sur sa façade océanique la presqu'île offre un chapelet de plages de sable fin aux noms évocateurs ("Le Truc vert", "Le Grand Crohot", "L'Horizon"...) sur lesquels s'échouent en douceur les déferlantes atlantiques qu'aiment tant à caresser les surfeurs. Après l'effort, le réconfort auprès des tables gourmandes disséminées sur l'ensemble de la communauté urbaine de Lège-Cap Ferret. Pour chacune de celles dorénavant répertoriées (sous les codes postaux 339-- et 337--) dans la rubrique "Restaurants à L.A.I.S.E." (en bas à droite de la page d'accueil du Blog), une sélection d'accords mets/vins s'étant révélés particulièrement délectables. Pinasse Café : Thon cru et foie gras de canard poêlé, maki pomme verte, sauce soja miel / Côte de Gascogne 1/2 sec, Château Laballe "La Demoiselle" 2015 (Gros Manseng) - Le Bouchon du Ferret : Saint-Pierre grillé "retour de pêche", écrasé de pommes de terre et piperade "maison"/ Entre 2 mers "réserve" 2016, Château Tour de Mirambeau - Le Port d'Attache : Tarte aux fraises ronde de la Garonne, glace vanille et chantilly / Sainte Foy moelleux "Aphrodite" 2014 (sauvignon blanc et gris), Château Les Chapelains - Le Bistrot du Bassin : Tartare de Mulet, crème de chou-fleur fumé, jaune d'œuf perçant / Pessac-Léognan blanc 2013 (Sauvignon Blanc, Sémillon), L'Esprit de Chevalier - Le Central : Huîtres N°2 du ban d'Arguin pochées à l'estragon, aneth et anis étoilé / Côte de Gascogne "Les Fumées blanches" 2016 (Sauvignon), Domaine François Lurton - Le Pitey : Bounty revisité, cœur mousse chocolat blanc, mousse chocolat au lait ("Jivara" Valrhona), enrobage chocolat noir craquant ("Manjari"), sorbet coco "maison" / Rhum arrangé mangue, ananas, badiane, vanille. Une fois bien rassasié, le "guerrier des vagues" a pu goûter à un repos bien mérité, bercé par le chant des sirènes, dans deux établissements situés à moins de 300 mètres des flots : Les charmantes chambres d'hôtes L'Océane de Laurence disposées autour d'un patio fleuri, et le sympathique hôtel (restaurant) familial Le Pavillon Bleu dont le patron Patrick Vergé, ancien rugbyman de haut niveau (Union Bordeaux Bègles), est également un œnologue réputé (Le Cloître des Cordeliers à Saint-Emilion) spécialisé dans les vins effervescents. Par-delà ses indéniables attraits gastronomiques, le Cap Ferret recèle tous les atouts d'une station balnéaire authentique à la pointe du bien-être...

24.9.17

Première des International Chocolate Awards à Paris

Les artisans  hexagonaux du cacao sur le "devant de la Seine"

Du 15 au 18 septembre, dans la jolie cave voûtée de la brasserie "Rendez-vous Saint-Germain" située juste en face du Musée de Cluny, un panel d'experts sensoriels se sont relayés pour goûter et juger "à l'aveugle" une grande variété d'échantillons présentés par plusieurs dizaines de chocolatiers français. Les International Chocolate Awards sont un concours mondial totalement indépendant de chocolats surfins créé en 2012 par Martin Christy (également à l'initiative de la "Chocolate Week" de Londres), entouré d'une équipe internationale de passionnés, et couvrant près de 50 pays en Europe, d'Amérique du Nord et Latine. Le premier avènement en France de cette compétition doit beaucoup à l'admirable énergie déployée par Véronique Anastasie, fondatrice de Planetgout et fervente disciple de Jacques Puisais ("le Pape des papilles"), soutenue par un duo de" charme et de choc..." (Caroline et Salomé). Cette compétition d'envergure est exemplaire à bien des égards, à commencer par son désir de valorisation des producteurs vertueux et ses exigences de qualité pour les matières premières utilisées par les participants dans l'élaboration de leurs spécialités cacaotées. Ceux-ci pouvaient concourir dans 17 catégories et sous-catégories, allant de la simple "tablette au chocolat noir" à la "pâte à tartiner au chocolat au lait" en passant par diverses types de ganaches et pralinés,  cette segmentation poussée apportant un supplément d'homogénéité favorable à l'objectivité du jugement des dégustateurs. Un système de notation  informatique sophistiqué et performant, mis au point par Alex Rast, permet d'apprécier avec justesse et cohérence l'ensemble des aspects techniques et gustatifs intrinsèques de chacun des produits. Les Jurés sont équipés d'une tablette (électronique !) afin d'attribuer une note à chaque critère d'évaluation en sélectionnant sur l'écran les termes descriptifs s'appliquant le mieux à l'échantillon anonyme qu'ils dégustent. Ils choisissent ensuite dans une liste les expressions qualifiants les aspects positifs et négatifs du produit avant de synthétiser leur jugement global par l'attribution d'une note sur 10 (utilisée uniquement à des fins statistiques). Les chocolats les mieux notés ("finalistes") par le Jury d'experts sont ensuite réévalués, toujours "à l'aveugle", par un Grand Jury qui désigne en dernier ressort les gagnants du concours. Les noms des 45 lauréats nationaux de cette première édition française ont été dévoilés à l'issu du concours lors d'une soirée presse conviviale : 7 médaillés d'or (que nous avons eu le plaisir de regoûter !), 14 d'argent et 24 de bronze. Ces gagnants pourront donc participer à la finale mondiale qui se déroulera à Londres début octobre. La remise des French International Chocolate Awards aux 45 chocolatiers français aura lieu le 28 octobre au moment du Salon du Chocolat de Paris. Les talentueux acteurs de la scène planétaire du chocolat n'ont donc pas fini de régaler tous nos sens avec une constellation de créations cacaotées.

22.7.17

6ème Paulée de l'Anjou Noir

A la croisée des chemins du Chenin

A l'ouest immédiat de la capitale angevine, prise en sandwich entre le Massif Armoricain et le Bassin Parisien, se trouve une région géologique vallonnée culminant à 216 m, aux sols peu profonds et contrastés. Ils reposent en grande partie sur un socle dur et feuilleté aux reflets obscurs de la famille des schistes, roches auxquelles l'ardoise est apparentée. Réunis au sein d'une association présidée par Charlotte Carsin (Clos de l'Elu) une trentaine de vigneron(ne)s se relaient pour organiser chaque année sur leur domaine une journée pédagogique et festive. Ils sont soudés par leur engagement sans faille pour une viticulture  plus "naturelle"  (bio/biodynamique) et par leur amour du Chenin (anciennement "plant d'Anjou"), un cépage aux racines encore mystérieuses qui exprime pleinement sa palette aromatique subtile sur les terroirs schisteux. Cette 6ème édition, pour la première fois ouverte aux amateurs éclairés, a accueilli près de 300 participants, pour la plupart professionnels (cavistes, restaurateurs, sommeliers, agents, journalistes...). Les deux invités d'honneur en étaient Michèle Vételé, propriétaire de la maison étoilée Anne de Bretagne (La Plaine Sur Mer - 44) dont la cave est riche de plus de 20000 cols, et David Biraud, Vice-Champion du monde de Sommellerie en 2016 à Mendoza (juste derrière le suédois Jon Arvid Rosengren) et Chef Sommelier du Mandarin oriental (Paris), qui a partagé en toute simplicité son exceptionnelle expérience. Rendez-vous était donné à Thouarcé dès 9 heures devant le restaurant Les Terrasses de Bonnezeaux  pour un circuit-randonnée en quatre étapes. Rencontre 1 avec le géologue Fabrice Redois (université d'Angers) pour un exposé vivant sur la diversité des sols en Anjou et les principaux facteurs influant le terroir viticole - Rencontre 2 avec Marie-Astrid et Arnaud (l'association des Races Mulassières du Poitou) pour une démonstration de labour dans les vignes avec leur cheval "Ursule de Roche" - Rencontre 3 avec Mark Angeli (La Ferme de la Sansonnière) pour un décryptage de l'approche qualitative du vin et un aperçu des méthodes les plus saines et novatrices pour y contribuant (emploi du SO2 homéopathique, remplacement du cuivre par des huiles essentielles...) - Rencontre 4 avec Bruno et sa calèche pour nous ramener au petit trot jusqu'au parking. Une citation de Platon pourrait fort bien résumer ces rencontres passionnantes de la matinée : "Le beau est l'éclat du vrai" ! C'est tractés par des véhicules à "chevaux fiscaux" que nous avons ensuite rejoint le Domaine les Grandes Vignes, remarquablement accueillis par la famille Vaillant, pour une dégustation libre de deux vins de millésimes récents sélectionnés par chacun des vignerons membre de l'association. La plupart des appellations de ce territoire particuliers du vignoble ligérien y étaient représentées, en blanc (pour l'essentiel), rouge et rosé : Anjou, Bonnezeaux, Coteaux de l'Aubance, Coteaux du Layon, Quart de Chaume, Rosé de Loire, Savennières. La soixantaine de séduisantes cuvées goûtées (et à contrecoeur recrachées !), nous sommes descendus dans le chai voûté où étaient dressées trois immenses tables autour desquelles chacun réussit à trouver sa place, dans une joyeuse ambiance conviviale. Le généreux et savoureux buffet préparé par l'équipe du traiteur "bio-local-solidaire" Lisières, créé par le cuisinier-militant Sofiane, fut pleinement apprécié ainsi que les nombreux jolis flacons amenés par tous les convives (une belle tradition des Paulées !). Cette journée intense et enrichissante s'est conclue par une sympathique visite personnelle du Domaine de Closel, un vignoble familial situé au Château des Vaults et géré par Evelyne de Pontbriand, authentique "pasionaria" des nobles terroirs de schistes angevins et de leur fascinant cépage blanc. Ne manquez surtout pas la prochaine édition prévue le premier lundi de juillet 2018, car nul doute que cette attachante Paulée de l'Anjou Noir ne s'arrêtera pas en si bon Chenin...

2.5.17

Mise sur orbite du label Gastronomie & Bien-être

Au zénith de la "Ville Lumière"

Luc Fracheboud et Elodie
Au sommet de la Butte de Montmartre, au cœur du quartier le plus visité de la capitale, se trouve un célèbre établissement installé dans une maison vieille de quatre siècles, à l'angle de la rue des Saules menant à la vigne de Montmartre. Le bien nommé La Bonne Franquette, où il fait bon "aimer, manger, boire et chanter", accueille chaleureusement chaque année des milliers de touristes venus des quatre coins du monde ainsi que de nombreux habitués parisiens. Chacun peut  y apprécier la cuisine gourmande des terroirs hexagonaux et les vins de qualité servis par la sympathique famille Fracheboud, propriétaire du lieu depuis 1979 (possédant également Les Noces de Jeannette à côté de l'Opéra comique). Luc et son père Patrick, séduits par l'originalité du concept, ont été les premiers à manifester leur motivation pour le label (millésimé et numéroté) Gastronomie & Bien-être ®, officiellement affiché dans leur vitrine depuis le 27 avril dernier. Son attribution, réservée aux établissements préalablement recommandés dans rubrique "Restaurants à L.A.I.S.E." du Blog (en bas à droite de la page d'accueil) suite à une visite anonyme pour un repas complet, est conditionnée par le suivi d'une demi-journée de formation. Elle a pour objectif de transmettre à l'équipe en salle et en cuisine les bases de l'approche Gastronomie & Bien-être, adaptée aux spécificités de la restauration, et d'expliquer en détail les différents paramètres pris en considération pour l'appréciation de chacun des 5 critères (Lieu, Accueil, Inspiration, Saveur, Ethique) de sélection dans la rubrique du Blog. Plusieurs autres restaurateurs sur Paris et en régions, conscients de l'intérêt d'instaurer une authentique relation gagnant-gagnant avec leur clientèle, aspirent à  bénéficier prochainement de cette labellisation. Ils seront identifiés sur internet par une étoile après le nom de leur établissement, mais vous pourrez également les repérer en vous promenant, grâce au logo harmonieux offert par l'artiste Viviane Josée Restieau ("Lumière des Mondes"). Il symbolise "l'art de faire un bon repas", satisfaisant à la fois les besoins du corps et de l'esprit dans le respect de l'être humain et de son environnement naturel, que ce label innovant a pour vocation de promouvoir en France comme à l'étranger.  

10.2.17

Les Salons Ange-vins du dit-Vin

Tous les Chenins mènent aux A-rômes

Crédit : Christian Bourgeois
A l'aube de ce premier samedi de février bien arrosé, en compagnie du seul Sommelier capable de déguster plus vite que son ombre, Alain Ségelle (Monde vivant du Vin), et de notre fidèle conducteur Conseiller-caviste expérimenté, Christian Bourgeois (Rencontres oenophiles), nous avons quitté Paris pour rejoindre la capitale du Maine-et-Loire qui accueillait 4 jours durant une belle série de manifestations professionnelles. Le 31ème Salon des Vins de Loire, organisé par Angers Expo Congrès, constituait l'évènement phare et le fil rouge de notre virée au cœur de l'Anjou, avec un accueil particulièrement bienveillant réservé par l'équipe de  l'agence de relations presse Oxygen  aux 140 journalistes accrédités. Du dimanche au mardi environ 250 exposants, répartis dans un hall spacieux et bien aménagé, ont représenté l'ensemble du vignoble ligérien qui forme un arc-en-ciel de terroirs sur près de 1000 km des Côtes d'Auvergne aux Fiefs Vendéens. Ces hommes et femmes passionnés, dont la vie est rarement un "long fleuve tranquille", ont dévoilé à environ 9000 visiteurs éclairés leurs nouvelles mises en bouteille, pour la plupart tout juste tirées des cuves ou fûts faisant encore office de berceau aux jus du millésime 2016. Nous avons découvert de jolis "bébés" en apparence plus chétifs que ceux de la "couvée" précédente, leur gestation ayant été perturbée par une succession de vicissitudes météorologiques, qui semblent néanmoins promis à un bel avenir grâce au miraculeux "été indien" qui a précédé les vendanges. Cette heureuse perspective est réconfortante non seulement pour les producteurs certifiés "bio", mais aussi pour tous ceux qui ont adopté d'autres labels environnementaux exigeants (Terra Vitis, HVE, Global GAP...), attestant de leur évolution, malgré les aléas climatiques, vers des pratiques plus respectueuses de la nature et des consommateurs. Un copieux programme de Master class facilitait, par exemple, la compréhension de l'influence du réchauffement global sur les appellations ligériennes. Plutôt spontanément bénéfique pour quelques-unes (comme le Muscadet), il motive chez d'autres le renforcement de l'utilisation de variétés de raisins mieux adaptés, comme le Côt (Malbec). Le Parc des Exposition d'Angers hébergeait simultanément 2 autres salons d'envergure. Au rez-de-chaussée, La Levée de la Loire regroupait 150 acteurs du vin biologique implantés au bord du majestueux cours d'eau et de ses affluents, ainsi que quelques "amis" d'autres régions de l'Hexagone et de l'étranger invités à faire découvrir leurs talents. Un clin d'œil au plus "exotique" des exposants, la Ferme Agricole Desrochers et sa gamme de vins de miel en provenance du Québec. A l'étage au-dessus (un peu plus près des étoiles !) le Salon International des Vins Demeter réunissait de son côté 70 vignerons en biodynamie dont les nectars offrent un indéniable supplément de vitalité, et souvent de finesse aromatique, clairement perceptibles (8 fois sur 10 à l'aveugle !) par les nez et palais les plus réceptifs. Impossible d'établir une hiérarchie entre tous ces attachants créateurs d'émotions sensorielles; alors juste une sélection d'instants de grâce enracinés dans une parcelle de mémoire : Les Coteaux du Layon Faye du Domaine de Juchepie (les seuls oubliés du catalogue !) mis en valeur dans d'élégants carafons, le Cabernet sauvignon moelleux (en VDF) Le Quart d'heure Ange Vin du très "chouette" Domaine des Sablonnettes, et la gamme de Cavas (méthode traditionnel catalane) du domaine espagnol Castel d'Age présentée par la pétillante Olivia Junyent. Un apéritif confraternel a réuni le lundi soir les exposants de ces 2 salons bio(dynamiques) autour de dizaines de bouteilles entamées ramenées des stands. Plusieurs édifices historiques de la ville d'Angers abritaient également des dégustations hors des sentiers battus, dont la plus importante était le Salon St Jean (éponyme de l'ancien hôpital abritant la tapisserie "le Chant du Monde" de Jean Lurçat) avec la participation de 200 viticulteurs français et européens magnifiant l'expression de leurs terroirs par une approche culturale biologique ou biodynamique. Parmi eux, les domaines autrichiens Gut oggau et Meinklang nous ont régaler de crus transcendants à base de cépages autochtones. Deux autres salons plus marginaux ont également connu une forte affluence. Les Pénitentes et ses 30 vignerons tendance "écolo" privilégiant le caractère vivant du vin, par la quasi-absence de traitements à la vigne comme au chai, mais dont les cuvées dévoilaient parfois des goûts un peu trop "austères". On pouvait cependant y croiser quelques OVNIs gourmands tel ce Bourgogne blanc oxydatif élevé sous voile par Dominique Derain, bon à marier avec un homard au cacao. Les Anonymes (qui ne devraient pas le rester longtemps !) rassemblait dans une ambiance débridée environ 90 "artisans-vignerons" enthousiastes proposant des cuvées naturelles et inspirées, comme Les Trois Petiotes (Côte de Bourg), Thomas Boutin (Anjou), le Domaine Benastra (Roussillon) ou Sylvain Bock (Ardèche). Le point d'orgue de notre escapade angevine fût sans conteste la Soirée Dégustation Chenins, idéalement organisée dans la Collégiale Saint-Martin autour de 80 cuvées de blancs secs, moelleux et de fines bulles illustrant la magie de ce cépage emblématique de la région. Son origine, d'après les sources les mieux documentées, semblerait remonter au début du 16ème siècle (à l'époque de François Rabelais), sous le nom de "plant d'Anjou". Sublimés par un savoureux buffet (préparé par l'association Lisières de Rochefort sur Loire), une sélection de millésimes plus anciens généreusement offerts, comme le Coteaux du Layon cuvée Anatole Pierre 1990 du Domaine Cady, révélaient des arômes subtils propices à la méditation. A l'antipode de l'atmosphère oppressante de certaines grandes manifestations parisiennes, la bonne synergie entre ces divers salons, à taille humaine et aux profils contrastés, a favorisé la juste appréciation d'un large éventail de vins au cours d'une tournée qui s'est achevée en douceur (angevine) mardi à la nuit tombante...

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